L’une de sessions de l’Agriculture Green Revolution Forum (AGRF) a porté sur cette question majeure, le vendredi 07 septembre 2018. Si l’ancien premier ministre britannique Tony Blair a préconisé l’application du système qu’il appelle « 4 P », Xavier Leprince, directeur général adjoint de Syngenta agro France, lui, propose trois solutions. Entre-temps, plusieurs autres orateurs ont aussi formulé leurs propositions. Ce qui démontre l’intérêt accordé à ce sujet. Zoom Eco revient sur les grandes lignes de ces idées-lumière.

En effet, le continent africain avec toutes les potentialités qu’il possède, a de quoi faire de l’agriculture, une grande ressource pour son économie. Il dispose de plusieurs terres arables, d’un bon climat, d’une présence de cours d’eau, d’une main d’œuvre abondante, etc. Paradoxalement, l’agriculture est restée, jusque-là, pour la plupart de pays africains au stade de substance, c’est-à-dire ne produire que pour une consommation locale.

Si certains producteurs pensent à exporter, ils sont plutôt butés à des problèmes de finances et de moyens logistiques pour transformer et conformer leurs produits aux normes internationales.

Tony Blair, recours aux 4P

Face à cette nécessité impérieuse pour l’Afrique de quitter l’agriculture de substance à l’agribusiness, Tony Blair, l’ancien premier ministre britannique et l’actuel président exécutif de l’Institut portant son nom pour le changement mondial, suggère l’application de 4P.

Tout part de la Priorisation. C’est bien d’avoir une grande vision mais c’est mieux de la matérialiser. D’où, estime-t-il la nécessité d’avoir des priorités.“C’est ce qui manque dans la plupart de gouvernements africains qui ne font de ce secteur leur priorités. Conséquence, un faible pourcentage est affecté à l’agriculture dans le budget national”, a indiqué Tony Blair.

Ensuite, la Politique. L’ancien premier ministre britannique estime qu’il y a lieu de renverser la tendance en élaborant un bon programme politique fondé sur de bonnes causes.

Il y a aussi le Personnel. Pour réussir, a – t – il insisté, il faut s’entourer d’une bonne équipe compétente avec une bonne expertise. Et au besoin, recourir au transfert de compétences de tierces personnes. Enfin, la Performance. Elle est, d’après Tony Blair, très nécessaire pour faire un bon suivi et atteindre de résultats escomptés.

Xavier Leprince, privilège à la qualité

Le directeur général adjoint de Syngenta agro France, lui, met l’accent sur la qualité. En effet, plusieurs agriculteurs produisent mais tous ne tiennent pas compte de la qualité. En tant que spécialiste de la protection des plantes, il encourage les paysans à utiliser de bonnes semences pour ainsi atteindre la qualité.

 

Autres solutions, selon Xavier Leprince, passe par la chaîne de business : les producteurs doivent se regrouper en coopératives pour ainsi avoir la facilité de bénéficier de crédits auprès de banques. De leur côté, les sociétés d’assurance ont le devoir d’intervenir pour amoindrir les risques. Les marchands des matériels, quant à eux, interviennent pour garantir une bonne logistique et les agriculteurs à leurs tours doivent acheter. Et, au finish les consommateurs sont servis avec de produits qui répondent aux normes.

Ainsi, d’après Xavier le prince, l’agriculture ne doit pas être isolée mais faire partie d’un système pour la commercialisation de récoltes.

Dr Rajiv Shah, les fermiers d’abord

Le président de la Fondation Rockefeller, Dr Rajiv Shah a estimé que la politique des gouvernements devrait mettre les fermiers au centre des intérêts. Aussi, devrait -elle combattre et élaguer la corruption qui gangrène les sociétés africaines. En même temps, promouvoir le partenariat public-privé qui, selon lui, est très important.

Cette session a également permis aux différents ministres du secteur dont les pays avaient signé l’accord de Malabo en juin 2014 de s’auto-évaluer.

En effet, un Target avait été donné à chacun et tous devaient identifier les priorités de leurs interventions dans le secteur agricole. Cette partage d’expérience aura été importante pour encourager ceux qui traînent encore les pas.

Nadine Fula | Zoom Eco

A propos de l'auteur

CEO AfrikaTech

Comme beaucoup de personnes j’ai connu l’Afrique à travers des stéréotypes : l’Afrique est pauvre, il y a la guerre, famine… Je suis devenu entrepreneur pour briser ces clichés et participer à la construction du continent. J’ai lancé plusieurs entreprises dont Kareea (Formation et développement web), Tutorys (Plate-forme de e-learning), AfrikanFunding (Plate-forme de crowdfunding). Après un échec sur ma startup Tutorys, à cause d’une mauvaise exécution Business, un manque de réseau, pas de mentor, je suis parti 6 mois en immersion dans l’écosystème Tech au Sénégal. J’ai rencontré de nombreux entrepreneurs passionnés, talentueux et déterminés. A mon retour sur Paris je décide de raconter leur histoire en créant le média AfrikaTech. L'objectif est de soutenir les entrepreneurs qui se battent quotidiennement en Afrique en leur offrant la visibilité, les connaissances, le réseautage et les capitaux nécessaires pour réussir. L'Afrique de demain se construit aujourd'hui ensemble. Rejoignez-nous ! LinkedIn: https://www.linkedin.com/in/boubacardiallo

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