En Afrique subsaharienne, près de 600 millions de la population habitant dans les zones rurales ne disposent pas d’un accès à l’électricité. Face à ce constat, la plupart des États africains considèrent désormais l’énergie solaire comme une priorité. La seule certitude ? L’émergence de nouvelles centrales solaires. Le Sénégal se positionne comme un acteur majeur sur ce nouvel échiquier socio-économique avec l’ouverture des deux plus grands sites ouest-africains (Bakhol et Malicounda). Cependant, aujourd’hui qu’en est-il réellement de l’implantation de l’énergie solaire à travers l’ensemble du continent africain ?

L’énergie solaire : source de rentabilité

Jusqu’à présent, il n’existe aucune solution viable pour stocker l’énergie solaire. Or sa production nécessite de disposer d’un espace relativement vaste, il faut compter environ 1 hectare pour une puissance de 1 mégawatt.

 

Malgré tout, l’utilisation de l’énergie solaire demeure très rentable. Le tarif de l’électricité photovoltaïque ne cesse de baisser, au point tel que son prix est désormais inférieur à celui de l’énergie éolienne.

 

En effet, la production de l’électricité solaire coûte moins de 3 ct€/kWh, contre 4,2 ct€ pour produire 1 kWh d’énergie nucléaire, notamment en France.

Le potentiel africain exploitable

L’énergie solaire photovoltaïque en Afrique constitue un marché potentiel immense. Cette réalité s’explique par la possibilité de l’implanter sur l’ensemble du territoire africain. En effet, ce continent dispose d’un taux d’irradiation deux fois supérieurs à celui des pays européens. L’Afrique représente donc le continent idéal pour développer l’énergie solaire.

 

De plus, durant ces deux dernières années, le prix des installations solaires photovoltaïques a connu une baisse très significative.

Une maîtrise technologique éprouvée associée à une implantation rapide

L’implantation d’une centrale solaire nécessite deux fois moins de temps que l’installation d’une centrale hydraulique. En outre, le système d’appel d’offres en vigueur pour la création de centrales solaires permet d’accélérer le développement de cette nouvelle énergie.

 

De plus, la qualité du matériel (panneaux solaires) devient de plus en plus performante, ce qui entraîne des rendements de plus en plus élevés au fil des ans.

L’essor du solaire résidentiel en Afrique

En parallèle des grands projets liés à l’implantation de l’énergie photovoltaïque, de plus en plus de sociétés locales, à l’instar de Solar-Ka au Sénégal, se développent. Leurs objectifs ? Proposer directement aux citoyens africains de bénéficier de l’énergie solaire.

Grâce à l’émergence de business models inédits, l’implantation de l’énergie solaire au niveau local devient plus accessible.

 

Malgré tout, le développement de l’énergie solaire en Afrique date de 2010. C’est en effet cette année-là que l’entreprise pionnière kenyane M-KOPA Solar a installé au Kenya, en Tanzanie et Ouganda, les 500 000 premiers kits solaires destinés à une utilisation domestique.

 

Ces kits se composaient de chargeurs de téléphones mobiles, d’une radio, d’une télévision, d’un four et de lampes équipés pour fonctionner à l’énergie solaire.

 

À cette époque, M-KOPA a mis en place un nouveau mode de paiement pour permettre aux personnes intéressées par l’achat d’un kit mais ne disposant pas du montant nécessaire à l’installation de régler leurs échéances mensuelles par mobile.

 

En 2014, l’initiative Akon Lighting Africa mise en place par l’artiste Akon, Thione Niang et l’entrepreneur Samba Bathily, vise à électrifier l’ensemble des zones rurales africaines à l’aide de l’énergie solaire d’ici 2020. Cette initiative s’appuie sur un partenariat public – privé et un réseau de partenaires dont Sumec et Nari notamment. Elle a permis l’installation d’équipements solaires (lampadaires, kits communautaires et résidentiels). Désormais 16 pays africains sont équipés.

 

Investir dans l’énergie solaire : quelles sont les perspectives à envisager ?

Concevoir, financer et construire des centrales solaires importantes constitue un processus très long à mettre en place. Jusqu’à présent seules les multinationales se risquent à investir dans ce type d’infrastructures.

 

Par contre, de plus en plus d’Africains privilégient désormais l’option « hors-réseau » pour installer l’énergie solaire à l’échelle locale et nationale. D’où l’intérêt de se tourner vers cette forme d’investissement qui représente un marché potentiel de 600 millions de personnes sur l’ensemble du continent africain. En effet, jusqu’à présent 3 % des investissements dédiés aux actions climatiques concernent l’énergie solaire.

 

Néanmoins, les projets d’investissement se doivent d’être viables et réplicables. Il peut s’agir par exemple d’un projet mis en place au Botswana par l’entreprise BPC Lesedi qui vise à proposer des kits solaires au titre de service, les clients ne possèdent donc pas les panneaux solaires. Ces kits sont ensuite distribués par des franchisés.

 

Cependant se pose le problème des systèmes photovoltaïques résidentiels. Ces derniers fonctionnent actuellement à l’aide de batteries plomb-acides dont la durée de vie n’excède pas les 3 ans. De plus, en termes de performances, celles-ci sont inférieures aux batteries lithium-ion. Malheureusement, le coût de ces batteries constitue un réel frein pour les investisseurs.

 

Pour développer la compétitivité des systèmes solaires, il est essentiel de baisser le tarif de ces batteries.

L’essor de l’énergie solaire est amorcé en Afrique. Le modèle de développement adopté fonctionne principalement sur le modèle de production locale décentralisé. Néanmoins la menace d’un accès à l’énergie solaire à deux vitesses (urbain et rural) se profile. Il est donc essentiel que l’ensemble des pays africains assurent un partage des bonnes pratiques pour parvenir à des solutions globales concernant l’installation de l’énergie solaire en Afrique.

 

A propos de l'auteur

CEO AfrikaTech

Comme beaucoup de personnes j’ai connu l’Afrique à travers des stéréotypes : l’Afrique est pauvre, il y a la guerre, famine… Je suis devenu entrepreneur pour briser ces clichés et participer à la construction du continent. J’ai lancé plusieurs entreprises dont Kareea (Formation et développement web), Tutorys (Plate-forme de e-learning), AfrikanFunding (Plate-forme de crowdfunding). Après un échec sur ma startup Tutorys, à cause d’une mauvaise exécution Business, un manque de réseau, pas de mentor, je suis parti 6 mois en immersion dans l’écosystème Tech au Sénégal. J’ai rencontré de nombreux entrepreneurs passionnés, talentueux et déterminés. A mon retour sur Paris je décide de raconter leur histoire en créant le média AfrikaTech. L'objectif est de soutenir les entrepreneurs qui se battent quotidiennement en Afrique en leur offrant la visibilité, les connaissances, le réseautage et les capitaux nécessaires pour réussir. L'Afrique de demain se construit aujourd'hui ensemble. Rejoignez-nous ! LinkedIn: https://www.linkedin.com/in/boubacardiallo

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