Les grands événements consacrés aux TIC se succèdent en Afrique, avec souvent beaucoup de recommandations et des bribes de décisions concrètes. Le Sommet africain de l’Internet, organisé depuis le 21 mai et jusqu’au 2 juin à Nairobi pourrait, avec la volonté de ses participants, échapper à ce triste constat. Axé sur l’installation de plateformes de réseautage et de formation entre les principaux opérateurs publics et privés des TIC, l’événement pourrait aboutir à une nouvelle mesure sanctionnant les Etats qui privent leurs citoyens d’accéder à Internet.

Les domaines de l’Internet et des nouvelles technologies de l’information et de la communication sont toujours en friche sur le continent. Pour preuve,la succession des événements organisés par les différents pays afin de dessiner les contours de l’avenir des TIC en Afrique. Et cette fois-ci, c’est la capitale kényane Nairobi qui abrite depuis le 21 mai et jusqu’au 2 juin prochain, le Sommet africain de l’Internet, une conférence régionale centrée -comme son nom l’indique- sur l’Internet et ses développements.

L’événement regroupe les organisations de coordination de l’Internet, telles que le registre régional d’adresses IP, AFRINIC, l’organisation des domaines de premier niveau (Africa Top Level Domains Organization) AfTLD ou encore le forum des fournisseurs de services de services de réseau, African Network Operators Group (AfNOG), entre autres. Pour les autres horizons, le sommet connaît également la participation d’opérateurs satellites, télécoms et GSM, ainsi que les représentants de gouvernements et les régulateurs.

L’événement des opérateurs privés…

Lancé pour la première fois en 2012 en Gambie, le Sommet africain de l’Internet est d’abord un événement axé sur le réseautage, la formation et la coopération, contrairement au sommet Transform Africa, tenu du 10 au 12 mai à Kigali et dont l’objectif était surtout de pousser vers l’adoption de stratégies publiques et de partenariats pour le développement des TIC, sans que des mesures concrètes aient été prises. La focalisation du Sommet africain de l’Internet sur ces trois axes se voit notamment à travers un programme surchargé de conférences, de formations et de rencontres de réseautage.

Le sommet prévoit ainsi l’organisation de présentations et de débats autour des dernières innovations en matière de technologie et services du protocole Internet (IP) sur lesquels reposent les industries émergentes, telles que la télévision IP (IPTV) et le haut débit mobile.

Autrement dit, les opérateurs/sponsors comme l’ICANN ou encore l’opérateur américain spécialisé dans la gestion de bases de données, Oracle cherchent, à travers cet évènement, à informer et à sensibiliser sur les technologies capables de mettre à niveau un marché encore sous-équipé, mais plein de promesses. Une démarche d’initiation menée par les grands groupes privés pour rapprocher les acteurs publics et privés locaux des récentes innovations dans le domaine des TIC, avec l’objectif de susciter la demande dans des marchés peu exploités.

Quid des pays censeurs d’Internet ?

Le Sommet sera également l’occasion de débattre une récente proposition du Registre régional d’adresses IP, AFRINIC, visant à sanctionner les gouvernements qui, pour des raisons politiques, censurent ou limitent l’accès à Internet. En effet, l’organisme panafricain responsable de l’attribution des adresses IP et des numéros sur le continent a publié une proposition pour priver ces gouvernements de l’accès aux adresses IP et aux numéros pour une période de 12 mois. Les Etats et gouvernements qui ont opéré trois coupures ou plus en l’espace de 10 ans pourraient voir leurs accès à des adresses IP ou à des numéros bloqués pour cinq ans.

Les limites à l’ingérence dans les affaires intérieures étant acquises aux Etats, trouver un consensus, même partiel, autour de cette proposition s’avère difficile. Et si on y ajoute le manque de soutien sur lequel bute l’AFRINIC et l’impact d’une telle mesure sur les populations et leur droit d’accès à Internet, ce consensus relève presque de l’impossible. Mais cette initiative aura au moins le mérite de marquer la naissance d’un « contre-pouvoir » pour faire cesser une pratique trop coûteuse pour le continent.

A propos de l'auteur

CEO AfrikaTech

Comme beaucoup de personnes j’ai connu l’Afrique à travers des stéréotypes : l’Afrique est pauvre, il y a la guerre, famine… Je suis devenu entrepreneur pour briser ces clichés et participer à la construction du continent. J’ai lancé plusieurs entreprises dont Kareea (Formation et développement web), Tutorys (Plate-forme de e-learning), AfrikanFunding (Plate-forme de crowdfunding). Après un échec sur ma startup Tutorys, à cause d’une mauvaise exécution Business, un manque de réseau, pas de mentor, je suis parti 6 mois en immersion dans l’écosystème Tech au Sénégal. J’ai rencontré de nombreux entrepreneurs passionnés, talentueux et déterminés. A mon retour sur Paris je décide de raconter leur histoire en créant le média AfrikaTech. L'objectif est de soutenir les entrepreneurs qui se battent quotidiennement en Afrique en leur offrant la visibilité, les connaissances, le réseautage et les capitaux nécessaires pour réussir. L'Afrique de demain se construit aujourd'hui ensemble. Rejoignez-nous ! LinkedIn: https://www.linkedin.com/in/boubacardiallo

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